Un matin de février, bottes aux pieds et carnet en poche, je suis partie à la rencontre de Solène et de sa famille, au cœur du sud du Lot, dans un coin de campagne où les champs respirent encore la sincérité et où les vaches ont toutes un prénom. Direction la Ferme Notre-Dame, une exploitation laitière pas tout à fait comme les autres, tenue par trois générations de femmes passionnées et investies dans leur métier.
Une ferme de femmes, une ferme de cœur
Solène est passionnée par les vaches. Mais quand je dis passionnée, ce n’est pas une façon de parler : elle connaît leurs histoires, leurs caractères, et même leurs ancêtres. Elle a écrit un livre sur les races bovines, s’engage pour réhabiliter des races menacées, et elle a même appris à inséminer elle-même ses vaches pour préserver des lignées oubliées. On es bien loin de l’élevage standardisé.
L’exploitation, elle l’a reprise de sa maman… qui l’avait elle-même reprise de sa maman. Trois générations de femmes, donc, qui travaillent la terre, élèvent les bêtes, cultivent les céréales nécessaires à l’alimentation du troupeau, et perpétuent un savoir-faire profondément enraciné.
Douze races, douze ambassadrices du vivant
Ce qui rend cette ferme vraiment unique, c’est la diversité des races présentes : douze, rien que ça. Certaines connues, d’autres beaucoup moins, certaines ont à la robe mouchetée, d’autres toutes noires ou toutes blondes, mais toutes choyées, respectées, et considérées avec une attention remarquable.
Ce n’est pas un élevage « multi-races » pour faire joli, c’est un engagement de fond pour la biodiversité, pour le patrimoine agricole, et pour montrer que l’on peut produire du lait tout en défendant des espèces oubliées.


Une journée à leurs côtés
J’ai passé la journée avec Solène, sa sœur et leur maman, et j’ai été sincèrement touchée par l’énergie, la tendresse et la détermination qui les anime. De la traite matinale aux discussions dans la grange, j’ai vu des femmes pleinement engagées, qui parlent de leurs vaches avec le respect qu’on réserve à une vieille amie.
Et puis il y a les produits : le lait de leurs vaches est transformé en briques de lait, en poudre de lait pour enfants, et bientôt, je l’espère, en plein d’autres préparations qui refléteront la richesse de leur troupeau. Rien n’est laissé au hasard, et chaque litre de lait est le fruit d’un travail quotidien, souvent invisible, mais essentiel.
Et si vous veniez avec votre bouteille ?
Si vous êtes dans le coin (chanceux que vous êtes), sachez qu’à partir de 18h, vous pouvez venir avec votre propre contenant pour acheter du lait cru, directement sorti du pis de la vache. Du bon lait, plein de goût, parfait pour vos fromages maison, yaourts, riz au lait ou juste un bon verre tout simple. Le vrai goût du lait, celui qu’on a presque oublié.
Merci, et à très vite !
Une vidéo de cette journée est déjà en ligne sur Instagram ainsi qu’un épisode de podcast pour vous faire entendre ces voix fortes et passionnées.
Un immense merci à Françoise et Philippe, qui ont rendu cette rencontre possible.
Et surtout, merci à Solène et sa famille, pour leur accueil, leur générosité et leur amour du métier. La Ferme Notre-Dame est bien plus qu’une ferme : c’est un manifeste vivant pour une agriculture à taille humaine, respectueuse, et portée par des femmes puissantes.
Franchement, j’en suis ressortie avec des étoiles plein les yeux… et une furieuse envie de faire des yaourts.



15 juin 2026
15 juin 2026
2 juin 2026
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